Marins de la Garde-1

Les Marins de la Garde – Les « Hussards de la Marine »

« Qu’aurions-nous fait sans eux ? Comme marins, ils n’ont jamais démérité et ils ont été les meilleurs des soldats. Quand l’occasion l’a exigé, ils se sont montrés aussi précieux comme marins que comme soldats, artilleurs ou sapeurs. Il n’est aucune tâche qu’ils ne pouvaient accomplir. » Napoléon 1er

Préambule

En 2010, à Lorient, j’ai remis ce texte à l’officier communication du magazine Le Lien, la communauté des fusiliers et commandos. Il fut publié tel quel, avec l’illustration de Louis Frégier, peintre officiel de l’Armée française, représentant ces marins sous la tempête, pendant la seconde campagne de Saxe d’octobre 1813.

Seize ans après, je le mets à jour, lui apportant sa meilleure version. Désormais, au bord de la Tamise, je danse encore sous la pluie, je tiens tête au tonnerre, au « Flood » et continue de progresser. Je n’ai pas débarqué du vaisseau L’Orient ni abandonné mes camarades Léopards, car le sens de l’Honneur et le courage qui m’animent ont surplombé toute conciliation. En défiant la Fortune, le sort en fut jeté. Avant de marcher vers d’autres horizons, j’ai délivré une dernière estocade, discrète, silencieuse et pacifique, celle qui traverse et conquiert les temps et les âges : la transmission d’un savoir antique, de l’épopée des légendaires Marins de la Garde, aguerris sur les anciens chemins et fleuves de l’Europe continentale.

Création et organisation

C’est le 17 septembre 1803, sous le Consulat, que Napoléon Bonaparte décréte la création du bataillon des Marins de la Garde consulaire. L’effectif initial : 737 marins.

À la proclamation de l’Empire, le 18 mai 1804, ils intègrent la Garde impériale. Les décrets du 29 juillet et 30 août 1804 portent l’effectif à 818 marins. En 1810, le bataillon compte huit équipages et 1.136 marins.

Sélection :

  • Plus de 25 ans
  • Plus de 1,70 m
  • Santé robuste
  • Conduite irréprochable
  • 3 campagnes militaires
  • Savoir lire et écrire

Organisation :

  • 1 État-major
  • 5 à 8 équipages (équivalent à des compagnies)
  • 1 dépôt
  • Services : tailleur, cordonnier et armurier

Chaque équipage :

  • 1 capitaine de vaisseau
  • 1 capitaine de frégate
  • 5 lieutenants ou enseignes
  • 5 maîtres
  • 5 cinq seconds maîtres,
  • 5 quartiers maîtres
  • 125 matelots de 1re, 2e, 3e, et 4e classe
  • 1 musicien.

Tenue

Surnommés les « Hussards de la Marine », leur tenue rappelle celle des hussards, unité d’élite de la cavalerie légère.

  • Veste dolman en drap de laine de couleur bleue marine avec tresses et nœuds de couleur aurore, une teinte jaune-orangé éclatante évoquant les nuances du lever du soleil, et aux bords de couleur écarlate.
  • Boutons dorés sont frappés de l’aigle couronnée.
  • Pantalon large, avec soutaches en forme de trèfle, a les mêmes couleurs que la veste.
  • Ceinture, buffleteries, et giberne en cuir noir, avec plaque en cuivre à l’aigle couronnée sur ancre de marine.
  • Shako noir, en cuir et feutre, avec ganse, galon, cordon aux deux raquettes en laine de couleur aurore, cocarde tricolore, plumet ou pompon et plaque de cuivre à l’aigle couronnée sur ancre de marine. (Le shako a une forme de cône tronqué avec une visière. Son nom est d’origine hongroise : csákó. Il a été popularisé en Europe au XVIIe et XVIIIe siècle par les hussards hongrois).

Commandants successifs : Augier, 1803 ; Baste, 1809 ; Vattier 1810 ; Ganteaume, 1811 ; Motard 1811 ; de Saizieu, 1813 ; Taillade, 1815.

Tenue des marins de la Garde, planche par Lucien Rousselot

Entraînements au Camp de Boulogne

Les équipages stationnaient théoriquement sur les deux grands ports français : Toulon, côte de la mer Méditerranée, et Brest, côte de l’océan Atlantique et côte de la Manche…